Côte d’Ivoire. Baisse du prix du poisson: les promesses du gouvernement fondent comme beurre au soleil

Vendeuses de poissons

Le 07/11/2026 à 14h11

VidéoExcédés par la flambée des prix, les commerçants étaient descendus dans la rue pour exiger du gouvernement des mesures concrètes de réduction du prix du poisson. Les autorités ont concédé une baisse de 2.500 FCFA par carton de poisson congelé. Mais sur le terrain, l’annonce peine à convaincre.

Après les marches des commerçants pour dénoncer la cherté du poisson, le gouvernement a annoncé une réduction du prix des cartons. Sur les marchés, vendeurs et clients disent n’en voir aucune trace.

«Je viens d’acheter ces trois petits poissons à 2,000 Fcfa. Où allons-nous?», s’interroge Dame N’guessan Charlène, une ménagère rencontrée au marché de Selmer Yopougon.

Dans les marchés, le poisson congelé est toujours au centre des discussions. Les étals en sont souvent garnis, mais les prix n’ont pas encore bougé.

Exaspérées par cette flambée, des commerçants et commerçants ont manifesté leur ras-le-bol dans certains marchés. La colère a démarré au mois octobre dernier. Des commerçantes de poisson du grand marché d’Abobo ont alors exprimé leur mécontentement face à la hausse des prix.

À l’intérieur du pays, à Daloa, la situation a été plus tendue. Selon les commerçants, le carton de poisson Apolo est passé de 19.000 à 35.000 FCFA, et celui du Sosso de 18.000 à 46.000 FCFA, une augmentation qui érode encore plus le pouvoir d’achat.

Les vendeuses ont alors suspendu leurs ventes laissant les ménages sans poisson congelé pendant plusieurs jours.

Une démarche qui a trouvé écho favorable auprès des autorités ivoiriennes. Ainsi à l’issue d’une concertation avec les acteurs de la filière, le gouvernement a annoncé une baisse de 2.500 FCFA par carton de certaines catégories. Deux jours plus tard, l’Interprofession de la pêche a affirmé que la réduction atteint 5.000 FCFA, le carton passant de 36.500 à 31.500 FCFA pour les commerçants.

Une mesure qui devrait réjouir clients et commerçants, cependant, dans certains marchés, ils disent ne toujours pas ressentir cette baisse des prix sur les étals.

Dans les espaces de vente, le constat reste toujours préoccupant. Chez les grossistes, les difficultés persistent. Certains estiment que la diminution annoncée ne se traduit pas suffisamment dans les prix auxquels ils s’approvisionnent.

Entre les coûts d’achat, les charges liées au transport et les contraintes de conservation, leurs marges bénéficiaires sont fortement affectées.

Pour ces acteurs, la mesure gouvernementale ne règle donc pas les difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés.

«Ils disent qu’ils ont diminué de 2,500 Francs, mais on ne le constate pas. Au contraire, ils ont même augmenté de 500 F», déplore Salif Brahima, un grossiste.

Même constat chez les consommateurs qui, également attendent des résultats concrets.

En contact direct avec ces consommateurs, les commerçant disent subir les conséquences de cette situation. Ils expliquent avoir du mal à répercuter une baisse significative sur leurs prix de vente, faute de ressentir eux-mêmes une diminution suffisante au niveau de leurs approvisionnements. Une réalité qui entretient leur frustration, malgré les mesures annoncées par les autorités.

« Le tas de poisson ne coûte pas moins cher qu’avant (…), à cela s’ajoutent les dépensent annexes. La situation devient plus difficile pour nous. Nous invitons les agents du gouvernement à se rendre dans les marchés pour s’enquérir de la réalité», confie Dame Yobouet, commerçante.

Plusieurs continuent d’exprimer leur désarroi.

Déjà confrontés à la hausse des dépenses quotidiennes, de nombreux ménages disent éprouver de plus en plus de difficultés à intégrer le poisson dans leur budget alimentaire, quand la baisse annoncée reste difficilement perceptible au moment de passer à la caisse.

Cette crise traduit une réalité sur les coûts des denrées de première nécessité qui mérite d’être traitée en profondeur afin de réduire le coût de la vie déjà insupportable pour les ménages.

Grossistes, détaillants et consommateurs attendent une meilleure solution susceptibles de faire baisser les prix sur les étals. Car au-delà des annonces, c’est le portefeuille des populations qui attend un réel soulagement.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 07/11/2026 à 14h11