Niamey. 100.000 arbres contre la désertification: le rempart vert prend racine

Plantation d'un arbre lors de l'opération de reboisement de Niamey.

Le 10/06/2026 à 14h28

VidéoComme dans l’ensemble de la bande sahélienne, le Niger est soumis à l’implacable dégradation de l’environnement, responsable de la désertification, de la déforestation, de l’érosion des sols et de la raréfaction, voire le tarissement des ressources hydriques. Une spirale qui fait perdre chaque année au pays 100.000 hectares de terres arables et à laquelle il fallait mettre un terme.

Avec un objectif ambitieux de 100.000 arbres à planter, la Ville de Niamey a lancé officiellement le «Mois vert 2026». C’était le 5 juin, Journée mondiale de l’environnement. Une initiative qui mobilise les populations autour de la lutte contre le changement climatique et de l’amélioration du cadre de vie, dans un pays frappé de plein fouet par le réchauffement climatique.

«Le Niger perd chaque année environ 100.000 hectares de terres arables en raison de causes environnementales et anthropiques. Plus de 75% de la superficie du Niger est touchée par la déforestation et la désertification, ce qui a des conséquences évidentes sur le potentiel de production environnemental et économique du pays" avertit l’Organisation onusienne chargée de l’agriculture et de l’alimentation.

Un phénomène contre lequel le reboisement constitue la première ligne de défense écologique. «En freinant l’érosion éolienne, en fixant les dunes de sable et en améliorant la fertilité des sols, les arbres créent un microclimat favorable et permettent la récupération des terres dégradées« , s’accordent à dire différentes études.

Pour les besoins de l’initiative le «Mois vert 2026», les premiers arbres sont plantés sur un total de 100.000 prévus. «Face aux défis croissants liés aux changements climatiques, à la dégradation du couvert végétal, à l’augmentation des températures et à la pression exercée sur notre environnement urbain, la ville de Niamey a fait le choix d’agir de manière concrète, durable et collective afin de restaurer progressivement notre patrimoine végétal et renforcer la résilience écologique de notre capitale», explique Boubacar Soumana Garanké, administrateur délégué de la ville de Niamey.

Conscients des enjeux environnementaux, les habitants affichent leur volonté à assurer la protection et l’entretien des jeunes plants. «Nous saluons cette initiative et allons prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger ces arbres qui seront sans nul doute bénéfiques pour les générations à venir», explique Oumarou Danzama, représentant du chef de quartier.

«Nous espérons que cette opération contribuera à réduire, les années à venir, cette chaleur intense que nous enregistrons chaque année à Niamey», ajoute Illiassou Djibo, riverain.

Ainsi, face aux défis climatiques, Niamey plante aujourd’hui ce qui pourrait devenir l’ombre et la fraîcheur des générations futures.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 10/06/2026 à 14h28