Au Sénégal, la manière de s’habiller raconte bien plus qu’un simple choix vestimentaire. Elle révèle une personnalité, une culture, parfois même une conviction religieuse. Entre le jean, le grand boubou et les nouveaux costumes africains revisités, chacun affirme son identité à sa façon.
Pour Robert Diandy, le confort reste la première règle de l’élégance. Habitué des tenues à l’occidentale, il estime qu’elles répondent parfaitement au climat sénégalais tout en permettant de rester présentable en toutes circonstances, «je préfère porter un T-shirt, mais aujourd’hui, j’ai choisi de mettre une chemise avec des baskets. C’est une tenue très décontractée, et j’aime beaucoup ce style. Nous sommes en été, et j’apprécie de m’habiller de manière légère et confortable. J’aime m’habiller frais, léger, tout en restant élégant. Avec ce type de tenue, on peut aller presque partout.»
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À quelques mètres de là, le grand boubou trois pièces impose sa silhouette. Une tenue héritée des anciens, toujours très présente lors des prières, des cérémonies religieuses et des grands rendez-vous familiaux. Pour l’imam Mouhamed Bachir Ndaw, au-delà du vêtement, c’est surtout la propreté et la décence qui comptent, «l’habillement doit être une habitude et non une question de circonstance. Dieu nous a accordé une place privilégiée parmi Ses créatures, et nous devons être à la hauteur de ce statut. Il existe toutefois des occasions où il est recommandé de s’habiller particulièrement bien, de préférence avec des vêtements neufs, comme lors de la Tabaski ou de la Korité. Le vendredi, le port du blanc est également recommandé. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le musulman a le devoir d’être toujours correctement vêtu, avec des habits propres, décents et soignés. C’est cela le plus important.»
Mais entre tradition et modernité, une troisième voie séduit de plus en plus de Sénégalais. Celle du costume africain revisité. Plus léger, plus contemporain et parfaitement adapté au climat, il s’impose désormais aussi bien dans les bureaux que lors des cérémonies. Pour Yakhouba Keïta, cette évolution témoigne de la créativité des stylistes et tailleurs sénégalais, capables de moderniser les tenues traditionnelles sans leur faire perdre leur identité, «aujourd’hui, il est beaucoup plus facile de bien s’habiller. De plus en plus de personnes adoptent des tenues africaines confectionnées avec les nouveaux tissus, comme le fil à fil et d’autres matières modernes. Ces tissus se sont largement démocratisés: ils sont légers, agréables à porter et accessibles. Nos tailleurs créent de très belles tenues qui nous mettent en valeur. Nous pouvons les porter aussi bien au bureau, à la maison que lors de cérémonies. Cela renforce notre fierté d’être Africains.»
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Du jean à la chemise, du grand boubou au costume africain nouvelle génération, les styles se côtoient sans s’opposer. Au Sénégal, la mode ne se résume plus à suivre une tendance. Elle conjugue confort, élégance, identité et valeurs. Une façon de rappeler qu’au-delà des vêtements, c’est aussi toute une culture qui se porte et qui se transmet.
