À Wanindara, le terrain de football change progressivement de visage. Dans ce quartier populaire de la haute banlieue de Conakry, régulièrement marqué par des manifestations et des épisodes de contestation impliquant des jeunes, l’aménagement de cet espace sportif ouvre une autre perspective, celle d’une jeunesse encadrée et sensibilisée au vivre-ensemble. Là où les rassemblements et les tensions ont longtemps rythmé le quotidien, le ballon rond gagne du terrain.
Pour Ibrahima Missri Diallo, habitant du quartier, cette transformation est une victoire collective, «certains responsables du quartier voulaient vendre le terrain. Mais heureusement, nous avons résisté. Les mentalités commencent à changer, les jeunes pensent désormais à jouer au football et à intégrer des équipes. Ce type d’initiative doit être multiplié dans le pays pour sortir nos jeunes de la délinquance».
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Au-delà de la pratique sportive, les responsables du stade entendent faire de cette infrastructure un outil d’éducation et de prévention. L’objectif est de proposer aux jeunes des activités régulières, tout en leur transmettant des valeurs de discipline, de responsabilité et de civisme.
Souleymane Chérif, administrateur du stade de Wanindara, explique cette démarche. «En tant qu’éducateurs et entraîneurs, nous avons pour objectif de travailler sur l’insertion et la réinsertion socioéducative, culturelle et sportive des enfants, et pourquoi pas leur insertion professionnelle. Nous envoyons des commissions dans les différentes bases et rues, notamment lors des manifestations, pour sensibiliser les enfants et les inviter à venir pratiquer le sport tout en les sensibilisant au civisme».
Pour cet éducateur, la qualité des installations constitue également un levier important. Le passage d’un terrain rudimentaire à une pelouse synthétique améliore les conditions de pratique et renforce la motivation des bénévoles qui assurent l’encadrement.
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Souleymane Chérif poursuit: «Quand nous avons bénéficié de ces infrastructures de qualité, dignes de ce nom, cela a renforcé notre outil de travail. Auparavant, nous utilisions les cailloux ici pour véhiculer nos messages, mais maintenant que nous avons un gazon synthétique, je pense qu’on nous a donné une nouvelle chance de poursuivre nos activités de la plus belle manière. Nous sommes motivés et engagés dans le cadre du bénévolat pour contribuer, à notre manière, au développement de notre localité, aussi bien en matière de sport que de civisme».
La fréquentation du stade témoigne de l’intérêt suscité par cet espace. Selon les estimations avancées par les acteurs locaux, entre 2 000 et 3000 jeunes y passent chaque jour. À Wanindara, le défi ne se limite donc pas à offrir un terrain de football. Reste désormais à inscrire cette dynamique dans la durée.
