À 14 ans, Honorine Ishimwe a déjà une idée précise de ce qu’elle veut devenir. Passionnée de football, la jeune Rwandaise profite de ses vacances pour perfectionner son jeu et se rapprocher de son rêve: devenir une athlète de haut niveau.
Pendant le camp de développement des talents sportifs, elle a rejoint des centaines d’autres jeunes au Collège Saint-André, à Kigali. 405 garçons et filles, répartis à parts égales, ont participé à cette étape du programme dans la capitale.
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Pour Honorine, ces journées représentent bien plus qu’une série d’entraînements. Elles lui permettent aussi de rester active pendant les vacances et d’apprendre à évoluer au sein d’un collectif.
«Je suis ici parce que je veux améliorer mon niveau de jeu au football. Être ici m’aide aussi à m’occuper et à ne pas m’aventurer dans les mauvaises pratiques pendant les grandes vacances.»
Sur le terrain, les entraîneurs travaillent avec les jeunes sur les fondamentaux techniques, le positionnement et surtout la capacité à jouer ensemble. Parmi eux, Nadia Confidence Izere, l’une des rares femmes rwandaises à avoir suivi une formation spécialisée dans le coaching de football, accompagne les jeunes joueuses et joueurs durant le camp.
Pour elle, le premier défi a été de créer un collectif entre des adolescents venus de différents horizons. À leur arrivée, beaucoup étaient timides, ne se connaissaient pas et avaient des habitudes de jeu différentes. Quelques jours plus tard, les liens se sont progressivement créés.
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Mais au-delà de la technique, la coach voit dans ces rencontres une occasion de faire émerger une véritable culture sportive chez les jeunes. Les participants découvrent notamment les exigences du haut niveau: discipline, positionnement, lecture du jeu et capacité à évoluer pour le collectif.
Cette présence féminine sur le terrain constitue aussi un signal pour les jeunes filles qui participent au programme. Dans un univers du coaching sportif encore largement masculin, Nadia Confidence Izere montre qu’une femme peut aussi transmettre des compétences techniques et contribuer à former les futurs athlètes.
Pour Honorine, les progrès sont déjà visibles. Elle joue habituellement au poste de latérale droite et dit avoir appris à mieux réfléchir avant chacune de ses actions. «Depuis que je suis ici, j’ai beaucoup changé et je me suis beaucoup améliorée. On m’a appris à prendre le temps de penser à chaque passe et chaque mouvement.»
Une évolution qui correspond précisément à l’objectif recherché par les organisateurs: identifier les jeunes prometteurs avant de les accompagner progressivement vers le haut niveau.
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Le programme national ne se limite d’ailleurs pas au football. Cette édition a élargi le dispositif à douze disciplines sportives, contre six lors de la précédente édition, avec notamment le basketball, le volleyball, le handball, l’athlétisme, le cyclisme, la natation et plusieurs disciplines individuelles. Plus de 2.100 jeunes athlètes de moins de 17 ans ont été sélectionnés dans les cinq provinces du pays.
Le dispositif ne concerne pas uniquement les futurs sportifs. 120 jeunes arbitres et 68 volontaires chargés des premiers secours bénéficient également d’une formation, afin de renforcer autour des athlètes tout un écosystème nécessaire au développement du sport.
Pour Jacques Kayisire, représentant du ministère des Sports, l’enjeu est justement de ne pas laisser ces jeunes repartir sans perspective. Les participants de moins de 15 ans doivent être identifiés, formés puis suivis dans les années qui viennent, avec l’ambition de les préparer aux compétitions juniors et, pour les plus prometteurs, à une éventuelle carrière professionnelle.
Le camp constitue également une étape de préparation pour plusieurs échéances sportives. Certains jeunes ont bénéficié d’un encadrement spécifique en vue des championnats scolaires d’Afrique de l’Est et des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar.
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Cette logique s’inscrit dans un dispositif plus large de développement des talents sportifs au Rwanda. Le programme Isonga, soutenu par l’Agence française de développement, vise notamment à renforcer l’identification des jeunes talents, la formation des encadreurs et la création de parcours permettant aux jeunes athlètes de progresser vers le haut niveau. L’AFD souligne également les efforts consacrés à accroître la participation et la visibilité des jeunes filles dans le sport.
Pour le Rwanda, l’objectif est donc de construire une chaîne qui commence tôt: repérer les talents, leur donner accès à un encadrement de qualité, multiplier les occasions de compétition et assurer leur suivi dans la durée.
À Saint-André, cette ambition prend toutefois un visage beaucoup plus simple: celui de centaines d’adolescents qui découvrent leurs capacités, apprennent à travailler ensemble et commencent à imaginer leur avenir autrement.
Pour Honorine, le choix semble déjà fait. Elle ne veut pas seulement être une bonne joueuse. Elle veut devenir une athlète d’élite.
Et pour y parvenir, elle sait désormais que le talent ne suffira pas: il faudra travailler, apprendre, jouer collectif et continuer à progresser bien après la fin des vacances.
