Développement durable des villes: après Kampala, Agadir et Alger, Addis Abeba décroche le Prix de Shanghai

Addis-Abeba by night

Le 01/11/2026 à 17h45

Créé par le Programme des Nations Unies pour les établissements humains et la Chine, le Prix de Shanghai distingue à chaque édition cinq villes. Pour l’édition 2026, Addis Abeba, la capitale éthiopienne figure parmi les lauréats.

Addis Abeba vient d’intégrer le club des villes africaines distinguées par le Prix de Shanghai pour le développement durable dans les villes, aux côtés de Santiago de Cali, Istanbul, Jingdezhen et Katowice.

ONU-Habitat ne présente pas ce prix comme une simple récompense symbolique. La distinction est la preuve que la ville a changé d’échelle dans la conduite de son développement urbain et qu’elle devient compétitive dans le concert mondial des villes.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la maire d’Addis-Abeba, Adanech Abiebie, a déclaré que cette reconnaissance est la preuve des progrès réalisés en matière de développement urbain et de la compétitivité mondiale croissante de la ville.

Le message de la maire insiste sur un basculement: le fait que la rénovation urbaine n’est plus pensée comme une opération de façade mais comme une politique centrée sur l’humain, destinée à prioriser les besoins des habitants.

La reconnaissance internationale ne récompense pas seulement des réalisations visibles, elle valide une méthode: augmenter l’offre de logements, étendre les espaces verts, améliorer la propreté et valoriser l’esthétique urbaine pour rendre la ville plus agréable. Autrement dit, Addis Abeba ne se contente pas de répondre à l’urgence urbaine, elle transforme cette urgence en projet de ville.

Le Prix de Shanghai, organisé par ONU Habitat et la Chine, a été lancé en 2023 pour saluer les progrès exceptionnels des villes dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Nouvel agenda urbain. En inscrivant Addis Abeba parmi les villes primées en 2026, la distinction envoie un signal: une ville africaine peut être jugée sur sa capacité à articuler développement urbain durable, inclusivité et résilience.

La distinction ne fournit ni indicateurs chiffrés, ni classement, ni détail sur les projets primés. Il faut donc lire cette distinction pour ce qu’elle est: une reconnaissance de trajectoire et de méthode, plus qu’une évaluation technique.

Pour l’Afrique, l’intérêt est ailleurs. La performance d’Addis Abeba déplace le regard. Elle rappelle que les villes africaines ne sont pas seulement des espaces de défis à documenter, elles sont aussi des laboratoires de transformation capables de produire des normes urbaines mondialement reconnues.

La capitale éthiopienne ne gagne pas parce qu’elle aurait résolu toutes ses contradictions urbaines, mais parce qu’elle donne à voir une direction: habiter mieux, respirer mieux, vivre dans une ville plus propre et plus esthétique. C’est une victoire de récit autant que de politique publique.

Elle oblige à poser une question: si Addis-Abeba, Kampala, Agadir et Alger peuvent être distinguées pour avoir mis l’humain au centre de leur rénovation, quelles autres villes africaines peuvent transformer leurs chantiers en modèles ?

Le prix ne dit pas qu’Addis-Abeba est parfaite. Il dit qu’elle est devenue lisible dans le langage mondial du développement urbain durable. Et c’est précisément là que se joue l’effet le plus intéressant pour le continent. La reconnaissance ne ferme pas le débat, elle l’ouvre sur la capacité des villes africaines à passer de la promesse à la preuve.

Par Le360 (avec MAP)
Le 01/11/2026 à 17h45