Une semaine après la rentrée, le lycée national Léon Mba a retrouvé un rythme presque normal. Les terminales ont repris, les emplois du temps circulent. Mais à quelques kilomètres, des parents font encore la queue pour inscrire leurs enfants, et des élèves attendent une tenue qui n’est pas prête. La rentrée gabonaise se déroule à deux vitesses, et chacun tente de s’y retrouver.
Darly, admise en Terminale, ne perd pas de temps. «Aujourd’hui j’ai eu cours de mathématiques. Le prof nous a donné les différents chapitres au programme cette année», raconte-t-elle. Pour elle, la machine scolaire est lancée.
C’est le cas aussi dans plusieurs établissements de la capitale. Au lycée national Léon Mba, la journée du 7 septembre a été marquée par la levée des couleurs et la distribution des emplois du temps.
Le proviseur, Guilain Neyer Olouri, reconnaît toutefois une reprise «timide»: «D’autres sont encore dans les inscriptions et les réinscriptions. Mais dans l’ensemble, la rentrée est effective».
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Le contraste est frappant. Taliane, parente d’une élève admise en 6ème, en est encore aux formalités. «Je suis venue inscrire ma fille parce qu’elle a été orientée ici après l’obtention de son certificat. J’attends qu’elle s’adapte et puis on fera le suivi à la maison», confie-t-elle. Pour l’instant, sa fille n’a pas encore goûté aux bancs de la sixième.
Elvire Marcel, admise en Seconde, est venu récupérer sa tenue scolaire. Il repart les mains vides, «on m’a demandé de repasser demain», explique le jeune lycéen. Un contretemps logistique qui s’ajoute aux démarches administratives.
Ce décalage n’est pas propre à quelques cas isolés. Les opérations d’inscription et de réinscription «se poursuivent à un rythme modéré dans plusieurs établissements du Grand Libreville».
Au lycée et collège Capitaine-Ntchoréré, le proviseur Georges Elie Mondjo Mabadi pointe des «affectations tardives dans le privé»: certains parents n’avaient pas anticipé l’affectation de leurs enfants, notamment en raison du coût de la scolarité.
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Ezéchiel NZE Mendame, élève en Terminale, tente un transfert informel vers un autre lycée. Sans liste officielle des fournitures, il ne peut même pas commencer ses achats. «Je ne peux même pas encore envisager l’achat des manuels scolaires. Parce que les commandes varient en fonction des professeurs».
Une difficulté récurrente à laquelle le ministère a tenté de répondre. Le 5 septembre, la liste des manuels homologués pour 2026-2027 a été rendue publique, couvrant tous les niveaux du pré-primaire au secondaire. Reste à savoir si les familles ont eu le temps de s’en emparer avant la reprise.
Guylaine, promoteur de tenues scolaires, ne cache pas son optimisme. «Je suis spécialisée dans la vente des tenues scolaires. Il y a vraiment de l’engouement, la tenue est à 13.000 Frs. Aux parents retardataires de faire vite !»
Un prix officiellement fixé par le ministère de l’Éducation nationale. «Le prix de l’uniforme scolaire est fixé13.000 francs CFA sur toute l’étendue du territoire national», comprenant un pantalon ou une jupe et une chemisette au logotype de l’établissement.
Une somme qui, pour certaines familles, pèse lourdement dans un budget de rentrée déjà mis à rude épreuve.
Car au-delà des tenues, ce sont toutes les dépenses de rentrée qui s’accumulent. Entre les rames de papier, les sacs, les chaussures et les manuels, «la facture grimpe rapidement». Pour une famille nombreuse, la dépense peut atteindre «plusieurs centaines de milliers de francs CFA».
À titre de comparaison, «une dépense de 250.000 FCFA représente plus de trois mois de SMIG fixé à 80.000 FCFA».
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Dans ce contexte, le retard des uns n’est pas nécessairement une négligence. Au lycée Nelson-Mandela, un parent, Richard Ngoua, résume la situation, «chaque famille doit composer avec ses contraintes budgétaires et organiser ses démarches en fonction de ses revenus».
Une rentrée qui se fera par étapes
Si la rentrée officielle était fixée au 7 septembre, force est de constater qu’elle se déploie en vagues successives. Les établissements qui ont ouvert leurs portes dès la rentrée administrative, le 31 août, ont pu prendre de l’avance. Les autres, moins préparés ou confrontés à des affectations tardives, rattrapent progressivement leur retard.
Le proviseur du lycée Nelson-Mandela, Obango Grégoire, le rappelle: «Les enseignants ne peuvent pleinement exercer leurs activités pédagogiques qu’en présence des élèves».
Pour les élèves déjà en cours, l’année est lancée. Pour ceux qui attendent encore, la course contre la montre continue.
Une chose est sûre: au Gabon, la rentrée n’est pas un jour, mais un processus. Et cette année encore, elle s’étale sur plusieurs semaines, au rythme des démarches administratives et des capacités financières de chacun.
