Guinée. Récolte du maïs à Bordo: les voyants sont au vert

Le 03/11/2026 à 09h06

VidéoDe Faranah à Kankan, en passant par Lola et Kouroussa, la Chambre nationale d’agriculture sillonne les exploitations agricoles afin d’évaluer les résultats de l’Initiative présidentielle d’appui à la production de 1.500 hectares de riz et de maïs, mais aussi partager les expériences et améliorer les pratiques culturales. Pour le maïs, l’objectif est de 9.000 à 1,37 million de tonnes.

Des champs de maïs à perte de vue, des producteurs à pied d’œuvre et, au bout du cycle, les premières récoltes laissent présager une récolte en hausse.

Les premières moissons de maïs marquent une étape importante de l’initiative présidentielle d’appui à la production agricole. Ce programme porte sur 1.500 hectares, dont 500 consacrés au maïs et 1.000 au riz.

Le choix de ces deux céréales n’est dû au hasard. Le riz, aliment de base par excellence, est le produit alimentaire le plus importé. En 2025, la Guinée en a importé 2 millions de tonnes. Durant cette même année, la facture alimentaire a atteint 12.000 milliards de francs guinéens.

Même constat pour le maïs bien que l’État ait décidé d’en porter la production de près de 9.000 à 1,37 million de tonnes durant la campagne 2025-2026.

Pour accompagner la mise en œuvre de l’initiative présidentielle, la Chambre nationale d’agriculture (CNA) effectue des visites de terrain afin d’apprécier les réalisations, d’écouter les bénéficiaires et d’identifier les pistes d’amélioration.

À Bordo, en périphérie de la commune urbaine de Kankan, les opérations de récolte permettent d’apprécier le résultat de plusieurs mois de travail.

Le président de la CNA suit cette étape avec les producteurs, qui ont bénéficié d’intrants et d’un accompagnement technique. «Nous avons bénéficié de l’accompagnement de la Chambre nationale d’agriculture, depuis la mise en place des cultures jusqu’à la récolte. Nous avons reçu les intrants et les conseils techniques nécessaires», souligne Aly Nabe, producteur.

Cette mission de suivi entamée à Kindia a conduit la délégation dans plusieurs bassins agricoles du pays: Mamou, Faranah, Kissidougou, Macenta, Guéckédou, N’Zérékoré, Lola, avant les étapes de Kouroussa et Kankan. Les visites ont permis d’observer l’évolution des cultures, d’échanger avec les bénéficiaires et de relever les difficultés rencontrées.

À Faranah, sur les 37 hectares initialement prévus pour le maïs, seuls 17 ont finalement été emblavés. Des contraintes liées à la qualité des semences et à la disponibilité des engrais ont perturbé le calendrier agricole.

Malgré cette contrainte, les responsables locaux dressent un bilan encourageant. Ahmed Baka Keïta, président de la Chambre préfectorale d’agriculture de Faranah: «Le ton est à l’optimisme. Malgré les difficultés rencontrées, nous avons pu avancer et obtenir des résultats intéressants».

À Laïné-Wiyé, à une trentaine de kilomètres de Lola, la délégation découvre une expérience de production mécanisée.

Sur une exploitation de 13 hectares, le promoteur privilégie le semis direct, sans labour, avec une densité de 65.000 graines à l’hectare. Une expérience que la Chambre nationale d’agriculture compte partager avec les autres producteurs de maïs.

Des premières parcelles suivies à Kindia jusqu’aux récoltes observées à Kankan, cette tournée aura permis de mesurer les avancées, mais aussi les défis de la production du maïs. Les résultats définitifs de la campagne permettront d’apprécier l’impact de l’accompagnement et les perspectives d’amélioration des rendements.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 03/11/2026 à 09h06