Côte d’Ivoire: le cinéma marocain à l’affiche à Abidjan

La 6e édition de la Semaine du cinéma marocain se déroule jusqu’au 8 novembre à Abidjan.

Le 05/11/2026 à 15h59

VidéoLa Mer au loin, Love in Dakhla, Atoman, Déserts... sont entre autres les longs métrages à l’affiche de la 6e édition de la Semaine du cinéma marocain qui se déroule jusqu’au 8 novembre à Abidjan. Cette rencontre offre également aux étudiants et aux passionnés du septième art des conférences didactiques et des ateliers de formation avec l’ambition de renforcer les partenariats entre les deux pays à travers la création, la production et le financement de projets communs.

La capitale abidjanaise vibre au rythme et aux couleurs du cinéma marocain et ce, jusqu’au 8 novembre 2026. Un rendez-vous culturel qui entend rapprocher les peuples ivoirien et marocain à travers le langage universel du septième art.

Durant une semaine, dix productions cinématographiques, entres courts métrages, longs métrages et documentaires inspirés de la culture marocaine sont projetés sur les écrans des cinémas de la capitale. Ces séances gratuites sont ponctués de conférences, d’ateliers et de formation.

Des professionnels du secteur cinématographique marocain et ivoirien, mais également de nombreux étudiants, ont pris part aux premières journées. «Nous sommes étudiants en cinéma. Prendre part à cette activité nous fait énormément de bien. Le film que nous venons de voir est riche en effet vfx et bien d’autres qu’on découvre et que les Marocains et bien réussi», confie Paul Zakadi, étudiant. Les effets vfx regroupent les techniques de création ou de modification d’images réalisées numériquement en post-production.

L’ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire, Othmane El Ferdaous, a souligné la dimension humaine et culturelle qui caractérise les relations entre les deux pays. Il a rappelé que les relations maroco-ivoiriennes ne reposent pas uniquement sur les échanges économiques et institutionnels, mais également sur des liens humains et fraternels, entretenus depuis plusieurs décennies.

S’adressant particulièrement aux jeunes et aux futurs professionnels du cinéma, le diplomate a présenté les métiers du septième art comme des domaines passionnants, offrant aux Africains la possibilité de contribuer à façonner leur propre imaginaire et à raconter leurs histoires.

Il a également réaffirmé la détermination du Maroc à faciliter la mobilité des artistes et des techniciens africains du cinéma afin de favoriser les échanges d’expériences et le partage des compétences.

Cette volonté de soutien s’inscrit dans une perspective de coopération Sud-Sud et de construction de projets culturels communs

Pour sa part Hien Sié, représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a plaidé pour une évolution des relations entre les deux pays dans le domaine du cinéma.

«Il nous faut désormais passer d’une coopération de représentation à une coopération de création, de production et d’investissement», a exhorté le directeur de cabinet, soulignant la nécessité de tirer pleinement profit des complémentarités entre les deux industries cinématographiques.

Atoman, une entrée en matière spectaculaire

Pour donner le ton de cette semaine cinématographique, les organisateurs ont choisi le long métrage «Atoman», réalisé par Anouar Moatassim. Le film, qui explore l’univers des super-héros, a particulièrement retenu l’attention par son ambition technique et son approche du cinéma de genre.

Pour les étudiants présents dans la salle, cette première projection représente une occasion d’apprentissage au-delà du simple divertissement.

La découverte de ce type de production permet notamment de mesurer l’importance du travail collectif, de la maîtrise des outils techniques, de la réalisation et des effets visuels dans la construction d’une œuvre cinématographique.

L’intérêt de cette rencontre réside aussi dans la possibilité de confronter les connaissances théoriques acquises dans les établissements de formation aux réalités de la production professionnelle.

Une expérience qui nourrit la curiosité et suscite des ambitions chez les jeunes désireux de faire carrière dans les métiers du cinéma.

Les spectateurs pourront découvrir The Call d’Ahmed Bouchalga, La Mer au loin de Saïd Hamich Benlarbi, Love in Dakhla de Khalid Brahimi et Déserts de Faouzi Bensaïdi.

Ce dernier raconte l’histoire de petits escrocs que sont Mehdi et Hamid. Ces deux personnages parcourent des régions reculées du Maroc pour récupérer des prêts auprès de villageois pour le compte de leur agence. Leur journée habituelle prend un tournant lorsqu’ils rencontrent un bandit de grand chemin...

Au-delà de sa dimension artistique et des images qui défileront sur le grand écran, le véritable enjeu de cet événement est de consolider la vitalité de la coopération sud-sud et l’engagement commun de la Côte d‘Ivoire et du Maroc à faire du cinéma un vecteur de dialogue, d’amitié et de prospérité partagée.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 05/11/2026 à 15h59