À Kankankoura, dans la préfecture de Kankan, les premières récoltes de riz marquent une étape importante pour les producteurs accompagnés par la Chambre nationale d’agriculture. Elles viennent concrétiser plusieurs mois de travail, de la préparation de la terre à l’entretien des cultures.
«Lorsque la panicule arrive à maturité, les grains perdent leur couleur verte pour devenir jaunes, dorés ou couleur paille. C’est le signal visuel utilisé par les agriculteurs guinéens pour déclencher la récolte», selon le document Guide des bonnes pratiques de la riziculture en Guinée.
Sur les exploitations bénéficiaires, cet accompagnement se traduit notamment par une prise en charge de 70% des dépenses destinée à améliorer les rendements.
«D’habitude, je produis 3,5 tonnes à l’hectare. Mais si je mets la quantité nécessaire d’engrais et en respectant toutes les étapes, je peux dépasser ce rendement», explique Djibril, bénéficiaire de cet accompagnement.
L’amélioration des rendements passe aussi par le respect des itinéraires techniques, une bonne utilisation des engrais et un suivi régulier des parcelles.
C’est dans cette perspective que la CNA a conduit une mission de terrain à travers plusieurs préfectures, notamment Kindia, Mamou, Faranah, Kissidougou, Macenta, Guéckédou, N’Zérékoré, Lola, Kouroussa et Kankan.
Au total, 1.000 hectares de riz sont concernés par le programme, sur les 1.500 hectares prévus, dont 500 consacrés au maïs.
«Nous venons d’évaluer les travaux déjà exécutés dans le cadre de l’initiative présidentielle. Cette année, la Chambre nationale d’agriculture a conduit un projet du président de la République dénommé Initiative présidentielle de 1.500 hectares: 1.000 hectares en riz et 500 en maïs, pour accompagner le monde paysan», Ansouma Camara, deuxième vice-président de la Chambre nationale d’agriculture.
Lire aussi : Guinée: à Macenta, cette main d’œuvre qui manque pour corser la culture du café
Pour les responsables agricoles, la proximité avec les exploitants permet de mieux apprécier les résultats et d’identifier les besoins en intrants, en équipements et en appui technique. Une démarche essentielle pour améliorer durablement la productivité.
«Le résultat est tangible. Il faut venir sur le terrain, évaluer les besoins et donner les moyens à l’agriculteur pour augmenter sa productivité. C’est important pour aider la Guinée atteindre l’autosuffisance alimentaire», souligne Ousmane Diallo, président de la Chambre régionale d’agriculture de Kankan.
Lire aussi : Guinée. Récolte du maïs à Bordo: les voyants sont au vert
Au-delà des exploitations, l’augmentation de la production rizicole représente un enjeu économique pour les communautés rurales et pour le pays, encore fortement dépendant des importations de riz.
Ousmane Barry, conseiller technique et stratégie de la CNA explique que «Ça a un impact sur la communauté , surtout en termes d’augmentation des revenus et sur le pays, parce que cela va réduire les importations de riz, qui sont malheureusement très importantes. C’est ça, l’objectif du pilier numéro un de Simandou».
Avec ces premières récoltes à Kankan, la CNA entend poursuivre l’accompagnement des producteurs pour consolider les acquis de la campagne et renforcer la production nationale de riz.
