Conakry: à chaque averse, les conducteurs s’embourbent dans des cratères de désagréments

Le 25/07/2026 à 08h56

VidéoÀ chaque forte pluie, le principal axe de Lambanyi replonge dans les mêmes difficultés. Au niveau du rond-point et de Lambanyi Marché, les chaussées dégradées, les excavations remplies d’eau et la boue ralentissent la circulation. Motards, conducteurs de tricycles et passagers évoluent avec prudence sur une route où chaque trajet est devenu une prise de risque.

Sous une pluie intermittente, la circulation est au ralenti sur le principal axe de Lambanyi. Au niveau du rond-point, les flaques d’eau masquent les nombreux nids-de-poule et les portions de chaussée dégradées.

Les motos zigzaguent entre les trous, tandis que les tricycles ralentissent jusqu’à s’arrêter pour éviter de s’embourber. Les passagers, eux, patientent de longues minutes dans l’espoir de trouver un conducteur prêt à poursuivre la course.

Pour les conducteurs de taxi-motos, chaque déplacement est un exercice d’équilibrisme. Blaise Beavogui déplore une situation qui dure depuis plusieurs mois. «Lorsque je quitte Lambaye pour me rendre à la Cité, je rencontre énormément de difficultés à cause de l’état de la route. Depuis l’année passée, les autorités sont venues nous annoncer que les routes seront réparées. Les axes ont été ouverts, puis laissés en l’état et jusqu’à présent, les travaux ne sont toujours pas achevés. Avec la saison des pluies, la situation est encore plus compliquée pour nous, les motards. Si un conducteur de moto manque d’expérience, il risque de tomber avec son client, et ce n’est bon pour personne».

Au-delà des risques d’accident, les conducteurs dénoncent également les pertes financières provoquées par l’état de la chaussée. Beaucoup, comme Blaise, renoncent à emprunter certains tronçons lorsque la pluie devient trop forte. «Non seulement cette situation met notre vie en danger, mais elle réduit aussi nos revenus. En saison des pluies, lorsqu’il pleut abondamment, il devient très difficile, voire impossible, d’emprunter cet axe. Si l’on ne fait pas très attention, on peut facilement tomber, avec toutes les conséquences que cela comporte. Ce sont les entreprises chargées des travaux qui ont elles-mêmes ouvert la route. Depuis, elle est restée dans cet état et les réparations tardent à être achevées. Cette situation nous fatigue énormément. Notre vie est constamment en danger».

Même constat chez les conducteurs de tricycles. À Lambanyi Marché, les portions inondées compliquent fortement les déplacements.

Certains comme Mamadou Oury Diallo préfèrent suspendre leurs activités le temps que les eaux se retirent, malgré l’affluence des voyageurs. «Nous souffrons énormément pendant cette saison des pluies. Lorsque vous arrivez ici, il y a toujours beaucoup de passagers à la recherche d’un moyen de transport pour rentrer chez eux. Mais nous ne pouvons pas prendre le risque de circuler sous la pluie, afin d’éviter les accidents. Même lorsque la pluie s’arrête, il est souvent impossible de travailler, car les nids-de-poule et les trous sont recouverts d’eau et deviennent invisibles. Au moindre faux pas, on risque de tomber. Aujourd’hui, au niveau de Lambanyi Marché, il est pratiquement impossible d’emprunter cette voie».

Du coup, tout le monde table sur la reprise des travaux. «Si l’État pouvait accélérer la réalisation de ces travaux, ce serait un grand soulagement pour nous. Nous avons la volonté de travailler, mais ce n’est pas facile de conduire une moto sous la pluie. Nous n’avons pas d’autre choix que de faire preuve de courage», avance Blaise Beavogui.

En attendant la reprise effective des travaux, usagers et conducteurs continuent de composer avec une route dégradée qui, à chaque pluie, met à l’épreuve leur sécurité, ralentit la circulation et affecte directement leurs revenus.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 25/07/2026 à 08h56