Côte d’Ivoire: le district d’Abidjan reconnaît être à l’origine de la démolition polémique d’un quartier

Un bulldozer en opération lors des déguerpissements à Abidjan.

Le 17/09/2026 à 09h00

Le gouverneur du district d’Abidjan a reconnu avoir donné l’ordre de démolir en juin plusieurs hectares d’un quartier de la capitale économique ivoirienne, une destruction qui avait suscité une vive polémique et pour laquelle un particulier avait été inculpé, a déclaré mercredi le procureur.

Le 3 juin, quelque 250 lots d’habitation répartis sur plus de six hectares dans le quartier de Koumassi Campement avaient été détruits par des bulldozers.

La scène n’est pas rare à Abidjan, où des opérations de démolition au nom de la lutte contre l’insalubrité sont menées depuis plusieurs années par le district.

Mais cette fois, la destruction avait été revendiquée par un seul individu, Jacques Alloui Brou, qui assurait dans une vidéo être dans son bon droit, décision de justice à l’appui. Il avait été inculpé pour «troubles à l’ordre public» et reste incarcéré à ce jour.

Mercredi, le procureur du tribunal d’Abidjan, Oumar Braman Koné, a indiqué que la décision de justice invoquée ne donnait aucun droit de démolition à M. Brou.

Il a par ailleurs ajouté avoir interrogé plusieurs responsables du district d’Abidjan, dont le gouverneur, Ibrahima Cissé Bacongo, un cadre du parti au pouvoir.

Au cours de ces auditions, le gouverneur a déclaré que «c’est dans le cadre du plan Orsec que les démolitions ont été opérées à Koumassi Campement. Cette opération visait à libérer les emprises et à démolir les installations irrégulières», selon le procureur.

«Les investigations sont en cours pour savoir si le plan Orsec s’appliquait en la matière et son degré d’implication dans ces démolitions», a ajouté ce dernier.

Le plan Orsec vise à prévenir des catastrophes, notamment des inondations, fréquentes à Abidjan en saison des pluies (juin-août).

Le procureur a aussi précisé qu’un député était sous le coup d’investigations pour son rôle supposé dans ces démolitions et que l’enquête se poursuivait.

Depuis le début de la polémique, beaucoup d’Ivoiriens s’interrogeaient sur la capacité d’un seul individu à mobiliser de tels moyens, avec le concours de la force publique, pour raser un quartier sans l’aval des autorités.

«Je peux vous assurer que toutes les responsabilités seront établies et donneront lieu aux sanctions prévues par la loi», avait déclaré le 6 août, le président ivoirien Alassane Ouattara, à l’occasion de la fête nationale ivoirienne.

«Dans la Côte d’Ivoire que nous bâtissons, personne ne peut agir au nom de l’État en dehors de l’État, sans en subir les conséquences», avait-il ajouté.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 17/09/2026 à 09h00