Renaissance de la cathédrale Sainte-Marie de Libreville: après 15 mois de travaux, la foi et l’histoire retrouvent leur écrin

La réouverture de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption (Sainte-Marie) de Libreville.

Le 16/08/2026 à 16h16

VidéoAprès plus d’un an de silence, les cloches de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption (Sainte-Marie) ont de nouveau retenti dans le ciel de Libreville. Le vendredi 14 août, l’église mère de l’Archidiocèse rouvre ses portes, métamorphosée, pour le plus grand bonheur des fidèles et des amoureux du patrimoine gabonais.

La réouverture, qui s’est prolongée par les grandes célébrations des 14 et 15 août, ne se résumait pas à une simple inauguration de bâtiment. Il s’agit d’une véritable résurrection: celle d’un lieu où, depuis des décennies, se mêlent la prière, l’histoire nationale et la mémoire collective du Gabon.

Un chantier hors norme pour un édifice centenaire

Lancé le 24 juin 2025, le vaste projet de rénovation a duré quinze longs mois. Un délai nécessaire pour redonner à l’édifice son éclat d’antan, tout en le modernisant.

La transformation est spectaculaire: la toiture, pièce maîtresse du chantier, a été entièrement reprise pour garantir la pérennité de l’édifice. La sacristie a été agrandie et réaménagée pour offrir de meilleures conditions de préparation aux célébrations. Les sols intérieurs et extérieurs ont été renouvelés, tandis que les installations électriques ont été intégralement refaites. Un nouvel éclairage architectural et liturgique met désormais en valeur la beauté des lieux et sublime les offices. L’ancien orgue a cédé sa place à un instrument moderne, et les bancs, entièrement renouvelés, accueilleront les fidèles dans un confort inédit.

«Nous avons retrouvé notre maison commune»

Mais au-delà du béton et des pierres, ce sont les cœurs qui ont été restaurés. Pendant quinze mois, la communauté chrétienne a dû s’adapter, priant sous des tentes provisoires, bravant la chaleur et la promiscuité. Un sacrifice qui a renforcé la foi et la solidarité. «La fermeture d’une église ne peut pas aller sans perturbation. Le peuple de Dieu s’est vu contraint de vivre des moments de prière sous une tente, avec beaucoup de gêne. Mais cela a par ailleurs entraîné un élan de foi parmi les fidèles», témoigne le Dr Ebang Ella, fidèle de Sainte-Marie. Un sentiment partagé par Richard Nguema, paroissien ému. «Nous avons passé 15 mois hors de notre maison commune de prière. Ça n’a pas été facile.»

L’heure est à la joie. Mickaël Akanda, les yeux brillants, résume l’émotion générale. «On a retrouvé notre joie de vivre, notre maison commune. Merci à Dieu d’avoir touché la sensibilité du chef de l’État qui nous a aidé à restaurer cette église.»

Pour Magloire Memiaghe, fidèle de la première heure, cette réouverture est un signe divin: «Après 15 mois de fermeture, voilà un jour nouveau où le Seigneur a fait des merveilles. C’est une grande joie pour la communauté chrétienne de Sainte-Marie.»

Une mobilisation collective et le soutien de l’État

La réussite de ce chantier tient à une incroyable chaîne de solidarité. Plus d’une centaine de bénévoles, issus des paroisses, des entreprises locales et des associations, ont apporté leur pierre à l’édifice. L’Archidiocèse de Libreville, sous l’autorité de Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, a piloté le projet avec détermination.

Les plus hautes autorités de l’État ont également répondu présent. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la Première dame, Zita Oligui Nguema, ont soutenu activement cette restauration.

Leur présence à la cérémonie de réouverture témoigne de l’importance de ce lieu sacré, non seulement pour les catholiques, mais pour toute la nation.

Un nouveau chapitre pour la cathédrale

Ce vendredi 14 août, les portes de pierre ne se sont pas seulement rouvertes sur un bâtiment rénové. Elles se sont ouvertes sur un avenir prometteur pour la foi, le patrimoine et l’unité nationale. La cathédrale Sainte-Marie retrouve sa vocation spirituelle et sa place de choix dans le cœur des Gabonais. Une renaissance qui, espérons-le, portera ses fruits pour les générations à venir.

Par Ismael Obiang Nze (Libreville, correspondance)
Le 16/08/2026 à 16h16