Le changement le plus visible concerne sans doute les modalités d’évaluation. Désormais, la note de classe comptera pour 40% de la moyenne finale du candidat, contre 60% pour les épreuves de l’examen. Objectif affiché par les autorités: aligner l’obtention du diplôme sur les compétences réellement acquises par l’élève tout au long de l’année, et non plus sur la seule performance du jour «J»
Cette évolution vise notamment à corriger une anomalie bien connue du système: celle d’un candidat reçu au BEPC mais contraint de redoubler sa classe pour insuffisance de moyennes durant l’année. Avec le renforcement de l’évaluation continue, le diplôme devient la traduction fidèle du travail fourni sur l’ensemble du cycle.
Pour accompagner ce virage pédagogique, l’Institut pédagogique national (IPN) a préparé de nouveaux curricula. Une formation des enseignants à la philosophie de l’APC a été organisée par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, afin que les professeurs s’approprient les fondements de cette approche.
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Le principe est simple dans son énoncé, exigeant dans sa mise en œuvre: faire passer l’élève d’un apprentissage théorique à une posture d’action et de réflexion. Les enseignements doivent désormais s’ancrer dans l’environnement immédiat et le vécu de l’apprenant.
Si l’application officielle est prévue pour la session 2027, certains établissements privés n’ont pas attendu. Dès la rentrée, des promoteurs ont engagé leurs équipes dans la dynamique. «Notre lycée s’est arrimé à la réforme de l’APC. D’ailleurs, nos enseignants ont pris part au séminaire organisé par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique», confirme Fabrice Awassi, fondateur du Lycée éponyme.
Pour lui, «le plus grand défi de cette réforme, c’est de mettre l’élève au centre de l’apprentissage. En fait, les enseignements pédagogiques ont désormais un lien avec l’environnement immédiat et le vécu de l’apprenant.»
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Un clin d’œil à ces acteurs du privé qui, sans attendre, ont fait le choix de l’anticipation, transformant leurs salles de classe en laboratoires de la réforme.
Du côté des principaux intéressés, l’adhésion semble réelle, même si les perceptions varient. «L’avantage de l’APC, c’est l’interaction avec le prof. On échange sur le quotidien et on prend des exemples pratiques pour nous amener à mieux comprendre les cours», témoigne Grâce Divine, élève en 3ᵉ.
Nathan, lui, retient surtout la souplesse du nouveau dispositif: «L’APC nous permet de nous rattraper si on a mal travaillé dans un devoir. Avec cette réforme, je pense que ce sera plus facile d’obtenir le BEPC.»
Walker Makosso, en revanche, mesure l’exigence accrue: «Avant, le système était plus facile. Disons qu’on nous posait des questions et on répondait selon le cours. Maintenant, on nous pose par exemple cinq questions notées sur 20 et on répond sur la base de nos propres connaissances.»
Autre changement notable: la place de l’anglais. Selon Lydie Marcelle, enseignante «la réforme élimine l’anglais à l’oral. La matière reste uniquement dans sa phase écrite. Nous aurons une nouvelle façon d’enseigner l’anglais. Nous sortons du principe des textes à partager aux élèves candidats lors des examens.»
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Une décision qui ne manquera pas de susciter le débat, tant la maîtrise de l’oral constitue, pour beaucoup de pédagogues, un pilier de l’apprentissage des langues vivantes.
Au-delà des aspects techniques, c’est une philosophie éducative qui se déploie. L’APC entend substituer à la logique de restitution des savoirs celle de la mobilisation des compétences. L’élève n’est plus seulement celui qui récite, mais celui qui comprend, analyse et agit.Reste à savoir si les conditions matérielles, effectifs, équipements, formation continue, suivront dans tous les établissements, publics comme privés.
Car d’une réforme sur le papier à une réforme dans les classes, il y a souvent l’écart que seule une mise en œuvre rigoureuse et accompagnée permet de combler. Une chose est sûre: à l’horizon 2027, le BEPC ne sera plus tout à fait le même diplôme. Et avec lui, c’est toute une génération d’élèves gabonais qui apprendra autrement.
