C’est la promesse de l’été: des après-midi ensoleillés, des enfants qui rient, une maison qui bavarde. La réalité, elle, est souvent plus sonnante et trébuchante. Car lorsque l’école ferme ses portes, le portefeuille des parents, lui, s’ouvre en grand. Très grand.
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À Libreville, la situation est identique à celle de millions de foyers à travers le monde: les vacances riment avec surconsommation, grignotage incessant et factures qui s’envolent.
Elsa Nyingone, 30 ans, travaille dans une librairie près de l’ancienne gare routière de Libreville. Mère d’une fille de 10 ans, elle ne mâche pas ses mots: les vacances sont une épreuve. «La consommation d’eau et d’électricité augmente. Je n’ai pas de prévision budgétaire pour faire face à toutes ces dépenses. Mais je fais avec ce que j’ai. C’est mon devoir de mère», confie-t-elle.
Comme elle, des milliers de mères, principales gestionnaires du quotidien, voient leur charge mentale doubler, voire tripler. Fini le rythme scolaire, place au flot continu de petites bouches à nourrir.
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Meye, 40 ans, est réparateur d’appareils électroniques. Dans son atelier, chaque dépense se calcule au regard des recettes du jour. Mais pendant les grandes vacances, l’équation devient infernale: «Lorsque j’ai 1000 ou 2000 francs CFA, je fais le marché pour mes enfants. Ils n’ont presque pas d’activités, ils sont confinés. Forcément, les besoins augmentent», explique-t-il.
Son message résonne bien au-delà du Gabon: partout, les parents modestes improvisent des stratégies de survie économique pour ne pas priver leurs enfants.
«70.000 francs CFA par jour… pour des caprices»
Le phénomène ne s’arrête pas au strict nécessaire. Murielle Nzeng, 50 ans, fonctionnaire, mère et grand-mère, a été croisée dans les galeries marchandes du centre-ville de la capitale gabonaise. Son constat fait froid dans le dos: «Avec ces enfants, on peut dépenser près de 70.000 francs CFA par jour pour satisfaire certains de leurs caprices. Chaque minute, le pain du congélateur est coupé. Et la poubelle ”mange” beaucoup pendant les vacances», lance-t-elle en riant jaune, allusion directe au gaspillage alimentaire.
Un chiffre qui donne le vertige: 70.000 FCFA par jour, soit environ 107 euros. Une somme hors de portée pour la majorité, mais qui illustre une pression sociale forte: ne rien refuser à ses enfants.
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Pourtant, toutes ne se contentent pas de subir. Andréa Ngoma, commerçante ambulante, a un message clair: «Laisser toute la charge à l’homme n’est pas bon. Les femmes doivent apprendre à planifier les dépenses. Tout devient cher en vacances: le goûter, le repas de midi, les grignotages… Mais nous le devons à nos enfants. Ils n’ont pas demandé à venir au monde», dit-elle, sourire en coin.
Son credo: l’anticipation et le partage des responsabilités. Un plaidoyer pour une parentalité moins genrée, mais aussi pour une éducation budgétaire dès le plus jeune âge.
Les familles luttent pour obtenir des aides spécifiques. Mais en attendant, la réalité des foyers reste celle de mères épuisées et de pères comptant leurs dernières pièces. Alors, vraies vacances ou vraie galère? Une chose est sûre: cet été encore, le plus gros budget des familles ne sera pas celui du voyage, mais celui du quotidien.
